La sélection intensive à laquelle est soumise le cannabis produit des variétés (strains) présentant des signatures moléculaires variées, et c’est particulièrement apparent lorsque l’on s’attarde aux profils des terpènes. Ces spécificités peuvent être utiles pour caractériser une lignée ou un extrait, en mettant de l’avant ce qui le rend unique par rapport à une autre variété. Sur la base de notre vaste expérience avec les terpènes du cannabis, voyons ensemble quelques tendances moléculaires intéressantes dans cette plante.
Chémotypes et cannabis
La production de molécules dans une plante obéit à une logique métabolique. Un parallèle grossier peut être fait avec la couleur des yeux des humains: en fonction des caractéristiques génétiques d’un individu, notre corps dispose ou non de la capacité de générer des pigments qui détermineront à leur tour la teinte de l’iris. Celle-ci (bien qu’avec bien des nuances) peut être classifiée dans un nombre limité de catégories, comme yeux bleus. Pour étudier les plantes, le concept de chémotype peut être utilisé pour désigner ce phénomène où des molécules sont présentes chez certains individus et pas (ou peu) chez d’autres. Polatoglu a suggéré la définition suivante pour ce concept (traduction libre): organismes catégorisés comme faisant partie de la même espèce […] et présentant des différences en quantité et qualité de leur(s) composant(s) dans leur empreinte chimique totale, ces différences étant liées à la génétique ou à des différences d’expression génétique [1].
Chez le cannabis, l’expression des cannabinoïdes tend à suivre des patrons chémotypiques, où un ou deux cannabinoïdes dominants sont observés et peuvent varier d’une lignée à l’autre. Dans The Handbook of Cannabis, de Meijer propose un modèle comprenant trois facteurs génétiques et un facteur morphologique qui peuvent conduire une variété donnée à exprimer une de neuf possibilités de chémotypes (ou encore davantage, puisqu’on peut observer des chémotypes mixtes où deux molécules sont codominantes, le plus typiquement le THCA et le CBDA) [2]. Ce modèle est résumé à la figure 1 ci-dessous, où le terme « locus » réfère à une zone d’un chromosome du plant de cannabis où les gènes présents influenceront l’expression métabolique des cannabinoïdes.







